Quelques semaines seulement après une augmentation de 21 % de la part communale de la taxe foncière, la majorité municipale a décidé d'augmenter les tarifs de la restauration scolaire et du périscolaire. Cette nouvelle hausse pose une question simple : à quoi a servi l'augmentation des impôts si, quelques semaines plus tard, les familles doivent encore payer davantage ?
Personne ne conteste que le coût des repas, de l'énergie ou des charges de fonctionnement a augmenté. Toutes les collectivités y sont confrontées. La véritable question est de savoir qui assume cette hausse. À Hayange, le choix de la majorité est clair : la participation financière de la commune reste inchangée, tandis que l'intégralité de l'augmentation est reportée sur les parents. Ainsi, le coût réel d'un repas passe de 11,50 € à 12,70 €, soit une augmentation de 1,20 €. Pourtant, la participation de la Ville ne progresse pas. Ce sont donc les familles qui financent seules cette hausse.
La municipalité présente cette décision comme une augmentation uniforme. En réalité, son impact est très différent selon les revenus des familles. Pour les foyers les plus modestes, l'augmentation représente jusqu'à 31 % pour la cantine et atteint 74 % pour certains tarifs du périscolaire. Autrement dit, plus les revenus sont faibles, plus l'effort demandé est important en proportion. C'est un choix politique que nous contestons.
Ces augmentations peuvent sembler limitées lorsqu'on les regarde ligne par ligne. Mais lorsqu'on les additionne sur une année scolaire, elles prennent une tout autre dimension. Prenons l'exemple d'une famille de deux enfants fréquentant la cantine toute l'année. Avec l'augmentation de 1,20 € par repas, cette famille paiera 346 € supplémentaires par an pour la restauration scolaire. En ajoutant les nouveaux tarifs du périscolaire, la facture augmente encore de plusieurs centaines d'euros. Pour une famille de trois enfants, le surcoût annuel peut dépasser 700 €, selon la fréquentation des services municipaux. Dans un contexte où le pouvoir d'achat est déjà fortement mis à mal par l'inflation, les prix de l'énergie et le coût de la vie, cette décision pèsera lourdement sur de nombreux foyers hayangeois.
Le calendrier de ces décisions interroge. D'un côté, la majorité justifie une hausse historique des impôts par la nécessité de rétablir les finances de la commune. De l'autre, quelques semaines plus tard, elle augmente les tarifs des services publics municipaux. Les Hayangeois concernés paieront donc deux fois : une première fois comme contribuables, avec la hausse de la taxe foncière ; une seconde fois comme usagers de la cantine et du périscolaire. Cette double contribution démontre que la hausse des impôts ne suffisait pas à rétablir les finances de la commune.
Nous ne contestons pas les difficultés budgétaires auxquelles les collectivités sont confrontées. Nous contestons la méthode. Depuis plusieurs années, nous alertions sur la dégradation des finances de la commune et sur la nécessité d'anticiper les décisions difficiles. Au lieu d'agir progressivement, la majorité a préféré repousser les choix jusqu'à se retrouver au pied du mur. Aujourd'hui, ce sont les familles qui en paient le prix. Parce que la restauration scolaire et le périscolaire sont des services publics essentiels, nous pensons que la commune aurait dû prendre à sa charge une partie de cette hausse plutôt que de la transférer intégralement aux familles. Dans une période où le pouvoir d'achat est déjà sous pression, protéger les familles devrait être une priorité.À Hayange, la majorité a fait un autre choix.
Lors du Conseil municipal, nous avons détaillé les conséquences concrètes de cette délibération, chiffres à l'appui, et expliqué pourquoi nous avons voté contre cette augmentation.